Les sanctions boomerang. Ce que personne n’avait prévu.

En 2014, après la Crimée, l’Occident sort l’arme absolue : les
sanctions. Exclusion du système financier, gel des avoirs, embargo
technologique. La Russie allait plier en six mois. Dix ans plus tard,
elle est l’économie la plus résiliente du continent.

L’effet inverse. Une sanction force l’adaptation. La Russie a
remplacé les importations européennes — agriculture, industrie,
technologie. Ce qu’elle achetait à l’Ouest, elle le produit
maintenant. On lui a offert l’autosuffisance sur un plateau. Cuba en
sait quelque chose depuis 1962. Soixante ans de sanctions. Cuba
existe encore.

Le boomerang européen. Les USA sanctionnent à géométrie variable —
ils négocient, ils exemptent, ils s’adaptent. L’Europe, elle,
applique. Rigide. Sans calcul. On a coupé le gaz russe pour punir
Moscou. C’est l’industrie allemande qui a payé. Des usines fermées.
Des délocalisations. Une récession industrielle que l’Allemagne n’a
toujours pas digérée.

La leçon que personne ne tire. Une sanction n’affaiblit pas un
adversaire déterminé. Elle le durcit. Elle lui donne une raison
supplémentaire de tenir. Et pendant qu’il tient, il construit
l’armure qu’on voulait lui interdire.

Nous avons sanctionné la Russie pour qu’elle s’effondre.

Elle s’est reconstruite.

Nous avons sanctionné Cuba depuis 1962.

Cuba existe encore.

La seule chose que nos sanctions n’ont jamais produite, c’est ce
pour quoi elles étaient prévues.

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