Une union sans résilience n’est pas une union. C’est un marché.

Une union sans résilience n’est pas une union. C’est un marché.

L’Europe ne produit plus l’essentiel de ce qu’elle consomme. Elle ne se défend pas elle-même — c’est l’OTAN, donc Washington. Elle ne s’alimente plus en énergie souveraine — c’était la Russie, demain ce sera le GNL américain à prix majoré. Elle ne fabrique pas ses composants stratégiques — c’est la Chine.

Ce n’est pas une union. C’est une zone de distribution.

🔸 Ce que les fondateurs avaient compris. Le projet européen original était simple et radical : plus jamais la guerre entre nous, une souveraineté partagée plus forte que nos souverainetés individuelles, un marché intérieur qui nous rende indépendants du bon vouloir des puissances extérieures. Ce n’était pas naïf. C’était une lecture lucide de ce qui avait produit deux guerres mondiales en trente ans.

🔸 Ce que nous en avons fait. Entre Maastricht et les années 2000, la souveraineté a été échangée contre la compétitivité à court terme. Délocaliser était rationnel — pour chaque entreprise, pour chaque trimestre. Le résultat cumulé : une dépendance systémique que personne n’a votée, que personne n’a planifiée, et que tout le monde a construite ensemble, décision par décision, bénéfice par bénéfice.

🔸 La résilience, ce mot que personne ne définit. Une société résiliente produit ce qu’elle mange, ce qui la chauffe, ce qui la soigne, ce qui la défend. L’Europe ne remplit aucun de ces critères complètement. Elle achète. Elle importe. Elle dépend. Et quand la chaîne se rompt — une pandémie, une guerre, une décision de Pékin — elle découvre qu’elle n’a pas de plan B.

🔸 La question que personne ne pose. Revenir aux fondamentaux coûte. Réindustrialiser coûte. Produire localement coûte. Se défendre soi-même coûte. Une société habituée aux prix bas, à la livraison en 24 heures et au confort de l’externalisation ne veut pas payer ce prix. Alors on ne le pose pas. On parle de compétitivité, d’innovation, de transition numérique. On évite la question centrale : à quoi sert une union qui ne peut pas survivre seule ?

L’Europe a les institutions. Elle a les traités. Elle a les sommets et les communiqués.

Elle n’a plus les fondations.

Et une maison sans fondations ne tient pas parce qu’elle est belle.

Elle tient jusqu’à ce qu’elle ne tienne plus.

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📖 De l’or au code, Tome 1
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