« Modernisation »
souvent un recul de droits, repeint en marche vers l'avenir.
On ne dit jamais « nous réduisons vos droits » : on dit qu'on « modernise » — et qui oserait être contre le moderne ? Le mot emprunte à l'horloge le prestige du progrès pour habiller un recul : une retraite repoussée, un statut affaibli, un service public rogné deviennent une « modernisation ». Son vrai tour de force est de retourner la charge de la preuve : ce n'est plus à celui qui coupe de se justifier, mais à celui qui résiste — aussitôt rangé du côté du passé, de l'archaïsme. Décoder le mot, c'est pouvoir redemander : moderniser, oui — mais pour qui, et au prix de quoi ?