« Réforme structurelle »
présentée comme un assainissement de rigueur, elle coupe les dépenses qui « reviennent » (pensions, soins) et épargne la vraie dépense de structure, à fonds perdus : l'appareil institutionnel, qui ne se réforme jamais lui-même.
« Réforme structurelle » est le mot d'ordre récurrent des institutions (le Semestre européen en tête). Sous des habits de rigueur et de sérieux, il vise presque toujours les mêmes cibles : pensions, santé, marché du travail — les dépenses qui répondent à un besoin réel. Le tour est dans l'adjectif « structurel » : il désigne ce qui coûte et dure, pour justifier qu'on le coupe. Mais la vraie dépense de structure — l'appareil institutionnel qui s'entretient lui-même — n'est jamais visée. On taille le muscle, on épargne la graisse. Décoder, c'est demander : structurel pour qui ?