Le seigneuriage
le bénéfice de celui qui fabrique la monnaie : créer à coût nul ce que tous les autres doivent gagner.
Le seigneuriage est le profit que tire celui qui fabrique la monnaie : l'écart entre la valeur d'une pièce ou d'un billet et son coût de fabrication. Un billet de 50 € coûte quelques centimes à imprimer ; la différence est un gain pur pour l'émetteur. À l'époque des rois, le « seigneur » qui frappait monnaie en vivait — d'où le nom. Aujourd'hui le mécanisme s'est déplacé : la banque centrale crée de la monnaie (des réserves) pour acheter des actifs — surtout des obligations d'État — qui lui rapportent des intérêts. Ces intérêts, moins ses frais, forment un bénéfice qu'elle reverse à l'État. Concrètement, pendant les années d'achats massifs, la Réserve fédérale américaine a reversé jusqu'à environ 100 milliards de dollars par an au Trésor. Le rouage est discret mais puissant : le pouvoir de créer la monnaie est aussi celui d'encaisser un revenu que personne d'autre ne peut lever — un impôt invisible, sans vote ni percepteur. Rien d'illégal ; simplement un privilège de l'émetteur, jamais expliqué au citoyen qui, lui, doit gagner chaque euro qu'il détient.