Au-delà du marché, ce que la science nous dit vraiment de faire.
Le réchauffement climatique est réel. Il est documenté par des décennies de mesures indépendantes — températures, niveaux des mers, extension de la banquise, fréquence des événements extrêmes. Le consensus du GIEC ne repose pas sur des modèles théoriques : il repose sur des instruments de mesure. Les données sont publiques, vérifiables, reproduites par des centaines de laboratoires dans des dizaines de pays qui n’ont aucune raison de se coordonner dans une fraude.
Quiconque prétend que le réchauffement climatique est une invention n’a pas lu les données. Ce livre ne s’adresse pas à eux.
Il s’adresse à ceux qui ont accepté la réalité du problème — et qui regardent avec une perplexité croissante les « solutions » que nos gouvernements et nos marchés financiers déploient.
Des solutions qui coûtent des milliards et ne réduisent pas les émissions. Des solutions qui permettent aux plus gros émetteurs de continuer comme avant en achetant des « compensations » dont la valeur a été massivement falsifiée. Des solutions dont les technologies ne sont pas encore disponibles à l’échelle nécessaire — mais que les États financent en priorité parce qu’elles n’exigent pas de transformer les modèles économiques existants.
Le problème derrière le problème climatique, c’est que le marché s’est emparé de la crise — et l’a transformée en gisement de profits, pas en chantier de réduction.
La compensation carbone. Des marchés de « crédits » dont des enquêtes répétées ont montré qu’une large part ne correspond à aucune réduction réelle. Un permis de polluer repeint en vert.
Le captage et stockage du CO₂ (CCS), l’hydrogène. Des technologies réelles — mais marginales à l’échelle requise, et très loin d’être rentables. Financées en priorité parce qu’elles promettent de tout changer pour que rien ne change : pas de sobriété, pas de modification des modèles.
La délocalisation. Quand une industrie lourde quitte l’Europe, les émissions « nationales » baissent — mais les émissions mondiales, elles, ne bougent pas, voire augmentent. Une hypocrisie comptable.
L’écologie comme religion, comme marché, comme posture. Le livre démonte aussi les angles morts du discours dominant : la biodiversité sacrifiée au nom du climat, le GIEC comme institution, l’équation énergétique qu’on refuse de regarder en face.
L’existence de solutions réelles, disponibles et bon marché est le cœur de la thèse. Si elles n’existaient pas, l’imposture des fausses solutions serait compréhensible. Elles existent — ce qui rend l’imposture inexcusable.
L’efficacité énergétique des bâtiments. La solution au meilleur rapport coût/efficacité dans les pays tempérés. Les bâtiments représentent ~40 % de la consommation d’énergie finale dans l’UE. Une rénovation thermique complète d’un logement des années 1970 réduit la consommation de chauffage de 60 à 80 %. Ces technologies existent depuis cinquante ans. Elles sont rentables.
La sobriété. Réduire la consommation — pas la remplacer par une consommation « verte ». La solution la moins chère de toutes, et la plus combattue, parce qu’elle ne se vend pas.
Les approches low-tech, locales, peu capitalistiques — efficaces, mais sans rente pour personne.
Pas par ignorance. Par structure d’incitations :
C’est exactement le mécanisme des Rouages : ce n’est pas le mieux-disant qui gagne, c’est le mieux-doté.
Le livre ne se termine pas sur un manuel de comportements individuels. Les transformations structurelles ne se produisent pas parce que des individus consomment mieux — la littérature sur les mouvements sociaux est convergente. Elles se produisent parce que des coalitions modifient les règles qui gouvernent les incitations des acteurs économiques et politiques.
Le dernier chapitre documente ce qui peut être exigé — et les enceintes où l’exiger.
Les solutions existent. Elles sont documentées, bon marché, disponibles. C’est précisément ce qui rend leur abandon inexcusable.
Dans la même série — Les Rouages