Chaque trimestre, on l'annonce comme un bulletin de santé : le produit intérieur brut monte ou descend, et l'on s'en réjouit ou l'on s'en alarme. Pourtant, son propre inventeur, Simon Kuznets, prévenait dès 1934 qu'on ne pouvait pas en déduire le bien-être d'une nation. Ce livre reprend l'avertissement au sérieux — et montre, sur pièces, tout ce que le chiffre laisse dans l'ombre.
Le PIB additionne l'activité marchande d'une année, pas la capacité réelle d'un pays. Il monte quand on reconstruit après une catastrophe, quand on répare un accident, quand on bâtit un aéroport que personne n'utilisera. Il compte la passe et la dose, mais pas le parent qui élève ses enfants, ni le potager, ni le bénévole. Il ignore la dette qui le finance, l'épuisement des ressources, la richesse qui se concentre.
À l'agrégat trompeur, le livre oppose deux thermomètres indépendants : l'or, qui révèle ce que vaut la monnaie dans laquelle tout se compte, et l'infrastructure — rails, ports, centrales — qui dit ce qu'un pays sait réellement faire, indépendamment du prix qu'on y attache.
Pour qui veut lire la richesse réelle des nations derrière le chiffre — sans dogme ni déclinisme, par les faits. Une enquête documentée, exigeante et accessible.
Le ton de la série Les Rouages : décrire l'architecture, pas désigner des coupables. Tout est sourcé. Le coupable, c'est l'architecture.
Dans la même série — Les Rouages